Introduction

Hors-série n°2, juin 2018
UMR THALIM

Introduction

 

Dès les débuts du XIXe siècle, le développement de nouveaux moyens de transport, associé à certaines velléités coloniales, ainsi qu'à un désir de découverte de pays nouveaux, conduit des Européens et des Européennes, scientifiques, explorateurs, artistes ainsi qu'écrivains, à se rendre dans des pays d'Afrique et d'Orient. Liés à des contextes culturels et politiques différents, les motifs de voyage sur ces terres sont divers, mais ont en commun d'avoir suscité une littérature relatant le voyage et d'avoir conduit à faire connaître, fût-ce parfois en véhiculant de nombreux préjugés, des aires culturelles particulièrement éloignées, géographiquement autant que culturellement. Si Chateaubriand, Nerval, Lamartine, Conrad ou Gide ont été consacrés comme écrivains-voyageurs par l'histoire littéraire, des voyageuses européennes comme Flora Tristan, Louise Colet, Valérie de Gasparin ou encore Lucie Duff-Gordon, sortent progressivement du relatif oubli dans lequel leurs œuvres avaient été laissées durant des décennies.

Les récits de voyage de femmes font en effet depuis plusieurs décennies l'objet d'une redécouverte progressive. En France, les travaux pionniers de Bénédicte Monicat et de Sarga Moussa1 ont exploré un terrain alors en friche dans les années 1990, pendant que Sara Mills proposait une analyse des récits de voyage croisant des perspectives postcoloniale et féministe2. Désenclavant de fait les textes de femmes voyageuses, ces approches ont ouvert la voie à des recherches nouvelles, menées par Vassiliki Lalagianni, Renée Champion, ou Marie-Élise Palmier-Chatelain et Pauline Lavagne d'Ortigue3. Plus récemment, les ouvrages collectifs dirigés par Nicolas Bourguinat et le numéro de la revue Clio consacré aux « Voyageuses » en 20084 ont également stimulé ce champ de recherches. En outre, la réédition de récits de voyage rédigés par des femmes contribue à jeter un regard nouveau sur ces écrivaines longtemps oubliées, passées sous silence par une histoire littéraire minorant l'intérêt de leur point de vue, ou les assignant à un regard « féminin ». Une réflexion a ainsi été menée au sujet des récits de voyage de femmes voyageant dans un contexte colonial ou non, seules ou en couple, en fonction d'une série de questionnements rendus possibles par l'apport des études postcoloniales et des études féministes puis de genre5. Les récents ouvrages Voyageuses européennes au XIXe siècle et Femmes d'extérieur. Les déplacements féminins dans la littérature et les relations de voyage6, sont de précieux exemples de la dynamique de redécouverte, dans lequel s'inscrit le présent volume.

Les onze études réunies dans D'Afrique et d'Orient. Regards littéraires de voyageuses européennes (XIXe - XXIe siècles) se proposent d'explorer les liens établis par les auteures, à travers le voyage, avec différentes formes d'altérité. Diverses attitudes prévalent, démontrant, s'il le faut encore, que les récits écrits par des femmes ne sont nullement réductibles à une « essence » féminine : une forme d'empathie pour les peuples colonisés et un désir de défendre les opprimé(e)s côtoient une attitude colonialiste7, tandis que certaines voyageuses cherchent à adopter, au moins de façon apparente, une certaine neutralité de ton.

Il s'agit aussi d'interroger le statut du voyage, dans la mesure où l'expérience viatique peut prendre différentes formes et dépasser le seul trajet aller-retour, pour devenir une installation plus ou moins durable dans le pays de l'autre, voire conduire à ce que János Riesz a appelé une « acculturation à rebours8 ». Dans l'expérience du voyage, qui les place au contact d'une altérité qu'elles perçoivent parfois comme radicale, et dans l'écriture de cette expérience unique, les voyageuses élaborent des identités multiples : identité de femme libre qu'il s'agit de revendiquer ou de construire, parfois difficilement, ou qu'il s'agit au contraire de gommer pour entrer dans des lieux de pouvoir essentiellement masculins ; identité de femme « accompagnatrice9 », dans le cas de déplacement en couple ; identité d'Occidentale impérialiste, ou au contraire défendant les nationalismes locaux ; identité à vocation universelle de passeuse de culture ; ou encore, identité de voyageuse avant tout, comme si cette manière d'être au monde permettait seule de dépasser l'essence à laquelle une société genrée cherche à la réduire10. Voyageuses, ces femmes acquièrent un statut, qui leur permet de n'être pas réduites à demeurer « la fille de » ou « l'épouse de ». Même en voyageant accompagnée de son mari, Raymonde Bonnetain développe par exemple une pensée autonome, voire entrant en contradiction avec celle de son époux, et empruntant des chemins discursifs différents des siens.

À travers des figures aussi diverses que l'anonyme Élisabeth B., Valérie de Gasparin, Myriam Harry, Alice Poulleau, Madeleine Poulaine ou encore Renée Colin-Noguès, nous tentons d'explorer le récit de voyage des femmes par un spectre large permettant de saisir des enjeux qui se dessinent pendant une période menant du début de la colonisation en Afrique et en Orient jusqu'aux indépendances, en passant par le déclin de l'empire ottoman. Dans l'histoire du genre des Voyages, il s'agit en effet d'une période de transition : genre autobiographique apte à dire le moi et la construction d'une identité en contact avec l'altérité, le récit de voyage se politise et devient, au tournant du XIXe siècle puis durant l'entre-deux-guerres, une possible remise en cause des valeurs et idéologies occidentales. Aussi souhaite-t-on interroger le rôle des femmes dans cette réorientation des enjeux de l'expérience viatique à ce moment de l'histoire littéraire, en proposant une réflexion croisée sur le récit de voyage féminin dans les deux aires géographiques et culturelles que sont l'Orient et l'Afrique.

Venues de France, d'Angleterre, de Suisse, de Pologne, de Russie ou de Grèce, les voyageuses qui parcourent ce recueil se sont rendues dans l'empire ottoman (Égypte, Syrie, Liban), en Afrique (Soudan, Congo, Mali, Tchad), mais aussi dans les îles de Zanzibar ou dans l'Orient asiatique. Elles nourrissent en outre leurs œuvres de voyages divers. Ainsi, avant d'écrire sur l'Égypte, l'Italie du Sud, la Grèce et la Turquie, Louise Colet a consacré son premier récit de voyage à la Hollande. Lorsque Myriam Harry se rend dans les îles de Zanzibar, elle est déjà une voyageuse « perpétuelle », Orientale de naissance, occidentalisée par son éducation entre l'Allemagne et la France, et voyageant régulièrement au Moyen-Orient et en Afrique. Le parcours de Demetra Vaka Brown est comparable, puisque cette Grecque ayant quitté très jeune Constantinople pour les États-Unis revient sur sa terre natale à deux reprises comme journaliste de presse américaine, et transcrit ses impressions sur la société et les femmes dans une Turquie différente de celle de son enfance. Quant à Camille Drevet, qui écrit sur l'Indochine et les Annamites, elle a auparavant parcouru la Bulgarie, les Balkans et l'Inde. La confrontation d'expériences aussi diverses qui s'entrecroisent aide à repenser les rapports entre Occident et Orient, entre Europe et Afrique, entre « nous » et « les autres », pour reprendre la réflexion de Tzvetan Todorov : pour ces femmes qui vont « penser ailleurs », le voyage est autant « expérience du dépaysement » que « dépaysement de la pensée11 ».

Une interrogation traverse l'ensemble des contributions qui suivent : quels liens les femmes établissent-elles entre ces lieux qu'elles ont connus - quittés, traversés, retrouvés, découverts... ? Lieu de naissance et d'origine, où elles reviennent parfois ; lieu de l'aventure ou du dépaysement ; lieu de conquête coloniale ; lieu de transit ou de résidence ; lieu de communion rêvée ; lieu fantasmé, le voyage s'alimentant aussi de la fascination pour des voyageuses du passé. Un fil conducteur relie les textes de ces auteures : celui du regard de l'intérieur qu'elles portent sur leurs consœurs orientales ou africaines, notamment lorsque celles-ci vivent au harem : les voyageuses européennes s'interrogent sur ce lieu ambivalent considéré tantôt comme le lieu de la préservation du « féminin », ou au contraire de la libération des femmes, grâce à un espace jugé moralement supérieur car préservé ; tantôt comme un lieu d'oppression, symbole d'une barbarie tout orientale, conformément à un certain stéréotype du despotisme forgé alors depuis plusieurs siècles12. Voyageant en Égypte dix ans avant que soient prises les premières mesures anti-esclavagistes, la comtesse Élisabeth B*** assiste avec indifférence aux pratiques de l'esclavage et marque une forme de dédain pour les eunuques, dont la condition est décrite comme naturelle. « Il faut dire, explique Daniel Lançon, que cinq ans auparavant seulement le servage a été officiellement aboli en Russie et que les pratiques d'une sujétion généralisée d'une grande partie de la population russe persisteront longtemps ». Si Vaka Brown, de son côté, adopte une vision romantique, regrette la perte des valeurs traditionnelles et regarde avec pessimisme les changements qui s'opèrent dans la société ottomane, Marcelle Tinayre, en revanche, résiste à la tentation du « discours orientaliste » (Edward Said) et ne se prête pas à des interprétations exotisantes en ce qui concerne les femmes turques, son discours cherchant à s'émanciper de certains stéréotypes. Quant au regard que la comtesse de Gasparin porte sur ses « sœurs d'Orient » des harems, on peine à démêler la part d'empathie féminine de celle de la compassion ethnocentriste.

Aussi, les représentations culturelles ne sont pas sans témoigner des propres préoccupations des Occidentales qui s'interrogent à la même période sur le statut de la femme en France et en Europe : considérer l'autre comme opprimée ou au contraire comme libérée, c'est s'interroger sur les droits à accorder aux Européennes. C'est un mouvement dialectique qui s'opère ainsi, les voyageuses prenant conscience du regard que portent les Orientaux et les Orientales sur elles, et les Orientales apprenant à se voir dans le miroir occidental qui leur est tendu : « Le regard de l'autre est lié de près au sentiment de sa propre existence » et « révèle aux deux êtres en présence leur altérité réciproque », explique Sarga Moussa13. Dans les pays d'Afrique traversés par Raymonde Bonnetain et Renée Colin-Noguès, les contrastes entre femmes européennes et africaines sont démultipliés, portant à la fois sur les rapports entre les sexes, et sur les rapports entre populations blanche et noire. Avant Olga Stanisławska, notre contemporaine, que les Peuls appellent « Toubabou », c'est-à-dire « Blanche », durant sa traversée du continent africain, Colin-Noguès problématise particulièrement ces relations de domination, dans son travail photographique, lors des deux années passées au cœur du pays Sénoufo, pendant les derniers moments de la période coloniale. La photographe à peau blanche, venue d'Occident, cherche à montrer un pays fort de ses rites, sans volonté ethnographique, afin de vivre de l'intérieur l'univers noir, en marge de l'administration coloniale.

Les voyageuses qui font l'objet de cette publication jouissent de divers degrés de reconnaissance institutionnelle : certaines sont connues, appartiennent à l'histoire, ou à l'histoire littéraire, comme Louise Colet, Marcelle Tinayre, ou Gertrude Bell tandis que d'autres demandent encore à être reconnues ; certaines ont été oubliées, le temps de quelques décennies, mais tendent à sortir de l'ombre en raison d'un travail patrimonial de réédition : c'est le cas d'Alice Poulleau, dont le voyage en Syrie pendant la révolte de 1925 résonne particulièrement avec les Printemps arabes et les crises politiques qui en ont découlé depuis 201114. Afin de dire l'urgence de la situation politique des pays visités, des voyageuses comme Alice Poulleau ou Camille Drevet ont adopté une forme d'écriture apte à transmettre des impératifs politiques, que ce soit le journal de bord À Damas sous les bombes, ou la plaquette « Les Annamites chez eux ». La conscience politique des femmes, ainsi que leur volonté et leur capacité d'agir, est l'un des enjeux cruciaux du voyage des Européennes en Orient et en Afrique. Le cas de Gertrude Bell est à cet égard exemplaire, au point qu'on la considérait comme « la Reine sans couronne d'Irak », en raison de son implication dans la création du pays à la suite de la chute de l'empire ottoman, et des liens entretenus avec le roi Fayçal.

Cet ensemble de contributions n'est pas un recensement : il n'est plus nécessaire de prouver que des femmes d'Europe ont voyagé en Orient et en Afrique. Il n'est pas non plus la recherche d'un « éternel féminin » : toutes les situations évoquées sont diverses, et si certaines femmes interrogent les dominations coloniales ou sexuelles auxquelles elles sont confrontées, d'autres situent leur réflexion tout ailleurs. D'Afrique et d'Orient. Regards littéraires de voyageuses européennes XIXe - XXe siècles voudrait plutôt « montrer comment se déclinent concrètement les façons plurielles d'être "une" femme, quelque part entre l'unicité fantasmatique imaginée parfois [...] et l'infinie diversité des situations réelles, dont la particularité échappe par définition à toute généralisation. C'est entre ces deux pôles opposés que se dessine la possibilité d'une étude raisonnée des phénomènes identitaires15 ».

L'ensemble des études réunies esquisse un voyage d'hier à demain, conduisant des « tristes harems » de l'empire ottoman, dont certaines voyageuses commencent, dans les dernières décennies du XIXe siècle, à dénoncer l'ennui, la frustration, et la souffrance des femmes, jusqu'à la solitude de la voyageuse contemporaine, sillonnant les routes d'une Afrique postcoloniale, en passant par les émerveillements et les étonnements de voyageuse devant l'autre comme devant soi-même.

 

1 Bénédicte Monicat, Itinéraires de l'écriture au féminin. Voyageuses au XIXe siècle, Amsterdam, Atlanta, Rodopi, 1996 ; Sarga Moussa, La Relation orientale : enquête sur la communication dans les récits de voyage en Orient, 1811-1861, Paris, Klincksieck, 1995, voir notamment le chapitre « La part des voyageuses : le harem vu de l'intérieur », p. 175-198.

2 Sara Mills, Discourses of Difference: Women's Travel Writing and Colonialism, London, Routledge, 1991.

3 Vassiliki Lalagianni, Femmes écrivains en Méditerranée, Paris, Publisud, 1999 ; Renée Champion, Représentations des femmes dans les récits de voyageuses d'expression française en Orient au XIXe siècle (1848-1911), thèse manuscrite en études littéraires, Université de Paris VII, 2002 ; Marie-Élise Palmier-Chatelain et Pauline Lavagne d'Ortigue (dir.), L'Orient des femmes, Lyon, ENS Éditions, 2002.

4 Nicolas Bourguinat (dir.), Le Voyage au féminin. Perspectives historiques et littéraires (XVIIIe-XXe siècles), Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg, 2008, et Id., Voyageuses dans l'Europe des confins (XVIIIe-XXe siècles), Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg, 2014 ; Rebecca Rogers et Françoise Thébaud (dir.), dossier « Voyageuses », Clio, no 28, 2008. Pour une analyse des origines des représentations visuelles stéréotypées de l'Afrique à la fin du XIXe siècle, on consultera Leila Koivunen, Visualizing Africa in Nineteenth-Century British Travel Accounts, New York, Abingdon, Routledge, 2009. Voir également, dans une perspective biographique, Françoise Lapeyre, Le Roman des voyageuses françaises (1800-1900), Paris, Payot, 2007.

5 En 2003, l'anthologie critique publiée par Reina Lewis et Sara Mills dans Feminist Postcolonial Theory. A Reader, incluant des textes de Chandra Talpade Mohanty, Joseph A. Boone, Fatima Mernissi, Meyda Yeğenoğlu, est le témoignage de l'intérêt porté par les intellectuels féministes aux récits de voyage des femmes. Voir Reina Lewis et Sara Mills (dir.), Feminist Postcolonial Theory: a Reader, Edinburgh, Edinburgh University Press, 2003.

6 Franck Estelmann, Sarga Moussa et Friedrich Wolfzettel (dir.), Voyageuses européennes au XIXe siècle. Identités, genres, codes, Paris, Presses Universitaires de la Sorbonne, 2012 ; Vanezia Pârlea (dir.), Femmes d'extérieur. Les déplacements féminins dans la littérature et les relations de voyage, Bucarest, Éditions de l'Université de Bucarest, coll. « heterotopos » no 7, 2013.

7 Dans le chapitre 5 de Victorian Travel Writing and Imperial Violence, consacré aux récits de voyage en Afrique rédigés par des femmes durant l'époque victorienne, Laura E. Franay montre ainsi que les voyageuses ne créent pas forcément de liens avec les Africains colonisés - au nom d'une domination commune au patriarcat colonial - mais cherchent au contraire, par leurs récits de voyage, à mettre en avant leur égalité avec les hommes européens, l'écriture devenant une des « literary tactics » pour prouver qu'elles sont capables de contribuer, elles aussi, à l'impérialisme. Laura E. Franey, Victorian Travel Writing and Imperial Violence. British Wwriting on Africa, 1855-1902, Basingstoke, New York, Palgrave Macmillan, 2003. Sur la « mission civilisatrice » assumée par les enseignantes françaises installées dans les pays colonisés, on consultera l'ouvrage consacré à Eugénie Allix Luce (1804-1882) : Rebecca Rogers, A Frenchwoman's Imperial Story: Madame Luce in Nineteenth-Century Algeria, Stanford, Stanford University Press, 2013.

8 « L'acculturation à rebours : un thème littéraire », Diogène, vol. 135, septembre 1986, p. 50-65. Pour une relecture de cette notion, nous renvoyons à notre article : « Variations sur une acculturation à rebours : l'œuvre de deux Françaises installées en Égypte, Valentine de Saint-Point et Jehan d'Ivray », dans Migration and Intercultural Identities in relation to Border Regions (19th and 20th centuries) / Migration, identités interculturelles et espaces frontaliers (XIXe et XXe siècles), E. Declercq, W. Kusters, S. Vanden Borre (dir.), Bruxelles, Peter Lang, 2012, p. 245-256.

9 Margot Irvine, Pour suivre un époux. Les récits de voyages des couples au XIXe siècle, Québec, Éditions Nota Bene, 2008, p. 8. Voir ici même la contribution de M. Irvine sur Raymonde Bonnetain.

10 À cet égard, le tourisme dans les pays colonisés contribue à véhiculer des stéréotypes sur les populations visitées. Voir à ce sujet l'article de Driss Boumeggouti, « Transport et tourisme dans le Maroc colonial : organisation, enjeux et héritage », dans Le Tourisme dans l'empire colonial français, politiques, pratiques et imaginaires (XIXe - XXe siècles), Colette Zytnicki et Habib Kazdaghli (dir.), Paris, Publication de la Société Française d'Histoire d'outre-Mer, 2009, p. 369-386.

11 Nicole Lapierre, Pensons ailleurs, Paris, Gallimard, « Folio Essais », 2006, p.17.

12 Jocelyne Dakhlia montre à cet égard que « l'institution du harem est dans le même temps profondément liée, dans les perceptions occidentales, au fait politique. Dès le XVIsiècle, bien avant Montesquieu, le pouvoir sultanien est perçu par les Occidentaux comme un pouvoir despotique, le terme même référant d'ailleurs au pouvoir domestique du père de famille », dans « Entrées dérobées : l'historiographie du harem », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés, no 9, 1999. En ligne : http://clio.revues.org/282, §3.

13 La Relation orientale : enquête sur la communication dans les récits de voyage en Orient (1811-1861), op. cit., p. 62-64.

14 Il n'est pas anodin que l'œuvre d'Alice Poulleau, À Damas sous les bombes. Journal d'une Française en Syrie (1924-1926), ait été rééditée deux fois en 2012 : par Élodie Gaden et Pascale Roux aux Éditions des Régionalismes/PRNG, et par François Burgat aux éditions L'Harmattan.

15 Nathalie Heinich, États de femme : l'identité féminine dans la fiction occidentale, Paris, Gallimard, 1996, p. 331-332.

Pour citer cet article



Référence électronique
Élodie GADEN, « Introduction », Viatica [En ligne], D'Afrique et d'Orient. Regards littéraires de voyageuses européennes (XIXe-XXIe siècles), mis en ligne le 28/05/2018, URL : http://viatica.univ-bpclermont.fr/d-afrique-et-d-orient-regards-litteraires-de-voyageuses-europeennes-xixe-xxie-siecles/introduction