Hors-série n°1, octobre 2017

Dossier établi par Sarga Moussa

Nous avions brièvement rencontré Nicolas Bouvier à Genève, en 1992, à l'occasion de la parution de Routes et déroutes. Peu après, Bouvier avait été invité à Auckland, en Nouvelle-Zélande, pour prononcer l'une des deux conférences d'ouverture d'un colloque intitulé «mLiterature, voyage and quest » (10 au 12 juillet 1992). Il nous avait envoyé à son retour une photocopie de ce programme et y avait joint une carte de visite, que nous avons choisi de reproduire comme visuel pour ce numéro de Viatica.

Sommaire

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À la mémoire d'Adrien Pasquali

I. Nouvelles lectures de l'Usage du monde

...je me bricole de petits morceaux de savoir comme on ramasserait les morceaux épars d'une mosaïque détruite, partout où je veux, sans esprit de système. [...] La seule chose qui me fasse accepter l'idée de vieillir, c'est de compléter cette mosaïque encore lacunaire.1

L'épisode de Tabriz, dans L'Usage du monde, est à la fois singulier et paradigmatique. Singulier parce qu'il s'agit d'une halte de six mois, pendant l'automne et l'hiver 1953-1954.

« Écrivain-musicien, tel est le nom que je voudrais donner à Nicolas Bouvier, plutôt qu'écrivain-voyageur1 », disait Nadine Laporte. De fait, la musique joue un rôle prépondérant dans l'écriture de Bouvier, mais l'alternative est artificielle.

Depuis le début du XIXe siècle, le récit de voyage a fait son « entrée en littérature1 » tandis que les discours de savoir qu'il avait abrités jusque-là (celui du géographe, du naturaliste, de l'ethnologue ou de l'historien) se sont constitués en disciplines autonomes et spécialisées.

II. Récits, images, traductions

L'œuvre de Nicolas Bouvier fait de nombreuses références à deux éléments qui structurent la façon dont il représente le monde dans ses œuvres : la musique et une certaine dimension ésotérique dont fait partie la magie. Ses voyages sont ainsi inséparables de la recherche de formes pour lui nouvelles de musique, dont il chercha tout au long de sa vie à faire témoignage.

Il ne s'agira pas, dans cet article, d'esquisser un tableau des relations extrêmement riches et protéiformes que Nicolas Bouvier a entretenues avec la photographie ou plus généralement avec l'image1.

L'écriture de Nicolas Bouvier est reconnaissable entre toutes, et cependant, chacun de ses récits de voyage a un ton et une forme qui lui sont propres. Y aurait-il donc un lien entre la contrée du monde visitée, sa culture, l'expérience qui en est faite par l'écrivain-voyageur, et le récit qui en est tiré ?

III. Correspondances et entretiens

« Voyager, écrire, photographier, chercher des images : ces quatre activités varient ou se succèdent selon la loi de l'offre et de la demande1 ». Nicolas Bouvier a en effet exercé plusieurs métiers, tour à tour ou conjointement.

Par la correspondance de Thierry Vernet et Nicolas Bouvier publiée en 2010 on en apprenait beaucoup sur la préparation du voyage entrepris par les deux amis et sur leur collaboration pour en tirer une œuvre commune, ce « livre du monde » dont ils rêvaient et qui deviendra finalement L'Usage du monde.

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Cette bibliographie sur l'œuvre de Nicolas Bouvier ne prend en compte que des ouvrages ou des articles parus, pour la très grande majorité, dans des revues scientifiques, depuis la parution de L'Usage du monde jusqu'à nos jours.