Nouvelle venue il y a quelques décennies encore dans le paysage critique français et étranger, la recherche sur la littérature des voyages constitue aujourd'hui un domaine à part entière des études littéraires. Textes ouverts sur le monde, les récits de voyage sont inséparables des routes, des pays, des choses et des gens qui les ont inspirés. Leur lecture appelle l'attention sur le rapport de l'écriture à ce qu'elle décrit, et d'une façon générale sur la force référentielle d'un récit qui n'abandonne jamais sa vocation à dire le réel, quelle que soit l'étrangeté, voulue ou non, des lieux et des objets qu'il évoque.

Viatica, première revue française (en ligne et en accès libre) entièrement dédiée à la littérature des voyages, se donne pour but de rendre compte de l'ensemble des tendances de ce nouveau terrain de la critique littéraire. Elle se voudrait lieu d'échange, de diffusion, de discussion et de production collective des savoirs sur le texte viatique et les approches particulières qu'il ne manque pas de générer.

CELIS / CRLV

Presses universitaires Blaise Pascal

ISSN électronique : 2275-0827

N°3 - Mars 2016

Pendant l'été 1794, la romancière Ann Radcliffe, accompagnée de son mari, fit un voyage en Hollande et en Allemagne dont elle tira un récit publié l'année suivante, signé de son seul nom. Dans la préface de l'œuvre, Radcliffe justifie l'emploi de pronoms de la première personne du pluriel en relatant les circonstances de ce voyage et en ajoutant que l'œuvre résulte de leurs observations à tous deux.

N°2 – Mars 2015

Inépuisable réservoir d'informations sur les sociétés étrangères à une période donnée, les récits viatiques consignent avec précision us du quotidien, manières de tables, coutumes et costumes, état de la langue, construisant ainsi, sans en avoir toujours une conscience claire, des représentations de « l'autre ». Mais entre admiration et dépréciation, ce que la narration viatique dessine aussi, c'est l'identité de son auteur et de la société dont il est issu.

N°1 – Mai 2014

La littérature des voyages, dans la mesure où elle s'alimente à l'expérience, met nécessairement en scène le corps, par le biais de ces anecdotes qui montrent le voyageur aux prises avec le monde et ses habitants. C'est également par le truchement de la perception que celui qui parcourt les chemins du monde acquiert une connaissance de l'ailleurs.